Marilyn Manson: Comment expliquer le phénomène ? – Chronique

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En léger manque de disques intéressant sur lesquels disserter, j’ai fouillé mes bonnes vieilles playlists deezer. Et là, entre -M- et Massive Attack, je vois quelques chansons d’un dénommé Marilyn Manson. Tiens tiens, ça faisait longtemps que je l’avais pas écouté lui!

 

Marilyn Manson… Ce nom doit forcément vous dire quelque chose. Car que vous connaissiez ou non le bonhomme, on vous en a forcément parlé, et ce que ce soit en bien ou en mal. Car oui, Manson divise: certains le considèrent comme un sataniste, d’autres comme le principal opposant d’une certaine Amérique puritaine. Certains le voient comme un musicien de génie, d’autres le voient surtout comme un compositeur de bruit. Au final, personne n’est d’accord ni sur son personnage, ni sur sa musique. Mais s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas lui enlever, c’est son succès. Car oui, Marilyn Manson, c’est près de 12 millions d’albums vendus dans le monde (ou 50 millions selon les sources (faudra qu’ils se mettent d’accord)), une performance ahurissante surtout au vu du domaine musical dans lequel il évolue. Mais comment expliquer une telle reconnaissance internationale?

 


 

Mais avant toute chose, il serait bon de faire les présentations. Lui c’est Brian Hugh Warner, alias Marilyn Manson. Originaire des United States of America (oh yeah), il a grandi dans le sympathique mais néanmoins sans intérêt (non mais qui rêve d‘aller à Cleveland ou Columbus?) état de l’Ohio. Solitaire, le jeune garçon a vécu dans une indifférence presque inquiétante. De plus, Bryan traverse une succession d’évènements qui l’amènent à se renfermer sur lui-même: la découverte d’objets à connotation sexuelle et de photo zoophiles dans la cave de son grand-père, des études dans un établissement catholique strict et inadapté à sa personnalité, etc… Au final, l’adolescent qu’il était s’est tourné vers la culture rock: il fut un grand fan d’AC/DC, de Kiss… Puis, par pure rébellion, il commit des vols et d’autres petites infractions, et fut initié à la drogue. A la fin de ses études il devint journaliste, et plus précisément critique musical pour plusieurs revues. Le fait d’interviewer des nombreuses stars le décida enfin à s’orienter vers la musique.

 

Et c’est là que les choses sérieuses commencent. Bryan s’invente un avatar, un personnage symbolisant tout ce qu’il exècre dans l’Amérique bien pensante. C’est une sorte de fusion de toutes les peurs qu’ils l’ont habité pendant sa jeunesse. Marilyn Manson, soit la combinaison de deux facettes bien distinctes des U.S.A. D’un côté nous avons le glamour, le superficiel, l’esthétique, la richesse: Marilyn Monroe. De l’autre nous avons la violence, la mort, le malsain, la folie: Charles Manson. Mais tout d’abord, petite mise au point: Marilyn Manson n’est pas seulement le nom de scène du chanteur, mais aussi celui de son groupe. Et que font-ils comme musique? Eh bien du hard-rock à tendance glam, parfois proche du métal. Petit résumé de la carrière.

 


 

Juillet 1994. Ce mois-ci paraît un curieux objet du nom de Portrait of An American Family. Il s’agit là du tout premier album du groupe Marilyn Manson, dont les membres étaient encore assez jeunes (Bryan n’avait « que » 25 ans). Déjà à cette époque-là, on aperçoit les prémices de ce qui fera l’identité de la bande: son bien rock, imagerie plutôt subversive, etc. Cependant le tout est encore assez « sage », et le spectacle pas encore au rendez-vous. Mais malgré cela, l’opus se vendra environ à 200.00 exemplaires. L’année suivante, alors que la bande à Bryan pensaient bêtement composer un EP fait de chutes et de remix, ils ont en réalité donner naissance à Smells Like Children, leur second album. D’ailleurs, ils ont bien fait. En effet cet opus va marquer l’explosion du groupe, notamment grâce à une reprise des plus atypiques de Sweet Dreams, une chanson à la base chantée par Eurythmics (dont est issue la fameuse Annie Lenox).

Par la suite, Marilyn Manson enchaînera les albums à succès: Antichrist Superstar (titre qui deviendra le surnom du chanteur), Mechanical Animals, Holy Wood, The Golden Age of Grotesque… Et autant de morceaux cultes devenus de véritables monuments de la musique gothique: The Beautiful People, The Nobodies, This Is The New Shit, ou encore mOBSCENE sont désormais des classiques. Dans le même temps, il a développé une imagerie noire, provocante, et des plus originales. Par ailleurs, Marilyn Manson aura bénéficié de plusieurs coups de pubs involontaires, dont quelques fois il aurait préféré se passer. Parmi eux, il y a sa nomination en tant que révérand de l’église sataniste par le créateur lui-même, ou, beaucoup plus tragique, son indirecte implication dans la fusillade de Columbine (les jeunes tueurs étant des fans). Au final tout ceci aura contribué à faire de Marilyn Manson un phénomène dans le monde entier, et surtout l’une des seules véritables stars du hard-rock des années 1990/2000. Mais pourquoi donc? Ah ça, c’est une grande question…

 


 

Car oui, les styles les plus agressifs du rock n’ont pas trouvés de réels représentants auprès du grand public depuis le milieu des années 1990. Mais à ce jeu-là Marilyn Manson fait un peu figure d’exception. En effet, que l’on aime ou pas, on ne peut pas se voiler la face: il a évidemment bénéficié du plébiscite d’un public de non-connaisseurs pour avoir vendu autant d’albums. C’est d’autant plus étonnant quand on connaît le personnage et sa musique… Donc pourquoi lui?

 

Selon moi, le premier élément de réponse provient de l’univers développé par le chanteur. Car oui, vous avez déjà pu le constater dans les clips ci-dessus, Manson aime se déguiser. Basant chacun de ses albums sur un concept différent (un peu comme l’a fait David Bowie dans les années 70), il se créer un personnage en conséquence. Visuellement, il reste dans une certaine lignée du glam-rock: Kiss, Alice Cooper… Et ce même s’il a quelque fois été accusé de copier ces derniers. Mais lui, il pousse tout à l’extrême et se déguise jusqu’à l’outrance (quitte à être quelques fois un peu ridicule, il faut le dire). Cependant, le tout reste diablement cohérent et barré. Par ailleurs, vous aurez noté que le « grand public » à une attirance pour tout ce qui est exagéré, atypique… Lady Gaga, ça ne vous dit rien? C’est la même chose mais dans le domaine de la Pop musique. Autre chose qui joue certainement en sa faveur, c’est la provocation. Depuis ses débuts, le groupe dénonce violemment dans ses textes l’Amérique Puritaine ainsi qu’une société qu’ils trouvent figée et en totale décadence. Conséquemment, les accusations et autres contestations des catholiques ou des conservateurs servent plus qu’autre chose le chanteur. Oui, car tout ceci ne fait qu’attirer les personnes en désaccords avec les positions religieuses et politiques considérées comme  vieillottes.

 

Il y a aussi des raisons purement musicales. Car si le niveau de décibels en rebute quelques-uns, les autres trouvent chez Marilyn Manson quelque chose de plutôt atypique. Je vais clairement vous dire ce que je pense: la musique de l’Américain dissimule derrière son mur de guitare des codes pop des plus efficaces. Prenez la chanson mOBSCENE datant de 2003: un riff identifiable, un couplet « calme » (cet adjectif est relatif au groupe hein), un refrain entêtant, des choeurs féminins chantant une ritournelle (« Be obscene, be be obscene »)… On y trouve même une (très) forte ressemblance à la chanson Be Agressive de Faith No More. Autre facteur qui, selon moi, explique son succès, ce sont ses reprises. Ici je vais impliquer mon propre avis: on trouve rarement des reprises aussi fortes en personnalité que celles de MM: Sweet Dreams, Personal Jesus ou Tainted Love en sont les meilleurs exemples. Il arrive à prendre des classiques typiques d’il y a quelques décennies et à les adapter à son univers. Très fort.

 


 

Au final, on peut affirmer que Marilyn Manson possède un talent rare: rendre populaire une musique qui, a priori, n’est pas destinée à l’être; quitte à être descendu par les amateurs du genre. Toutefois, vous aurez peut-être remarqué que mon article ne dépasse pas (chronologiquement parlant) l’album The Golden Age Of Grotesque (2003). Il y a une raison à cela: depuis lors, le révérend noir peine à séduire. Ses albums Eat Me, Drink Me et The High End Of Low présentent peu d’intérêt et se sont plutôt mal vendus. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le seul album physique que je possède soit Lest We Forget, un best-of retracant sa carrière de ses débuts jusqu’à… 2004. Le chanteur semble rentrer dans une routine et devient presque une parodie de lui-même. Son personnage peine à se renouveler et la presse semble usée de ce dernier. Cependant, Marilyn Manson a opéré un retour plutôt sympathique l’an passé avec Born Villain. Peut-être annonciateur de la résurréction de l’AntiChrist Superstar, qui sait…

 

Auteur: CoyoteAnanas

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1 commentaire

  1. Bon article mais il a été démontré que les tueurs de conlumby n’étaient pas fan de marilyn manson. Aussi, un prochain album va bientôt sortir ! Il l’a dit sur sa page Facebook…

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