Daft Punk – Random Access Memories – Chronique

Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenté un nouveau rédacteur pour le blog ! Il se nomme CoyoteAnanas et il vous parlera notamment de tout ce qui touche de près ou de loin à la musique.
Son premier article est ici, et il porte sur le nouvel album de Daft Punk : Random Access Memories !

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Artiste : Daft Punk / Album : Random Access Memories / Sortie: 20 Mai 2013 / Durée: 1h14 minutes / Genre: Electro

Et voilà, ils sont de retour! Daft Punk, c’est un peu une fierté nationale. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on peut difficilement nier que le duo frenchy est l’un des plus grands représentants de l’électro dans le monde, et leur influence dans le domaine est indéniable. Petit rappel des faits: le groupe explose en 1997 avec un album culte du nom de Homework. Par la suite, ils connaissent leur plus gros succès en 2001 avec Discovery. Depuis, l’accueil de leurs derniers projets est un peu plus discutable: la B.O de Tron Legacy en 2010 et leur dernier album studio Human After All en 2005. Sans être pathétiques, disons que ces deux disques (notamment le premier cité) étaient plus ou moins dispensables selon le public et les critiques. Après, ce fut le silence radio. Mais en cette année 2013, c’est l’évènement: Daft Punk est de retour avec Random Access Memories, leur premier vrai album depuis huit ans. Vous avez certainement lu de nombreuses critiques avant la mienne, car chacun donne son avis: certains le considèrent comme un chef-d’oeuvre, d’autres comme une escroquerie. Pour ma part j’ai choisi mon camp.

En tout cas, vous n’avez pas pu échapper à cette nouvelle. Le marketing autour de l’album a été des plus éprouvants: teasers, extraits, fakes, remix de boucles, campagnes d’affichages, interviews, écoute privilégiée de la presse, un nombre incalculable de critiques… L’art de faire beaucoup parler en en faisant peu. Pour ceux qui ont saturés, essayez de faire abstraction de tout ceci. Même si c’était peut-être calculé de la part du groupe, c’est principalement la maison

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de disques qui gère ce genre de choses. Et si ça a marché, c’est que nous tous avons participé à la propagation du buzz. Ici, je veux parler musique et pas sous. Bien, maintenant que c’est dit que nous réserve ce nouveau Daft Punk? Avant la sortie, j’étais à la fois impatient comme un gamin à Noël, mais en même temps effrayé comme une fillette devant le film d’horreur qui-te-fait-faire-pipi-dans-ton-froc. Je m’explique: j’étais tellement surexcité que ma grande crainte était que la chute soit rude. Les changements de sonorités m’avaient fait peur, mais au final, j’ai été très surpris.

Random Access Memories s’ouvre sur un Give Life Back To Music qui pose les bases d’emblée. Introduction puissante puis riffs typés seventies (la guitare d’un dénommé Nile Rodgers aidant (ex de Chic et grand producteur de tubes pour Madonna ou David Bowie)). Alors là, des gens vont meugler: « ba ou c pasé lelectro? C plu daft puk ca! ». Chut, calme-toi petit, reviens plus tard. Ce qui a pu perturber certains fans, c’est que le côté futuriste et très avant-gardiste des Daft Punk semble avoir disparu au profit d’un bête revival de la fin des années 70. Vous savez, ce temps où la musique mainstream (soit la musique « grand public » pour faire simple) était d’une qualité rare, qui s’est plus ou moins estompée par la suite. Eh bien ce n’est pas pour rien! Car si cet album est bel un bien une resucée des sons de cette époque, c’est loin d’être fait bêtement. Ainsi, nos deux robots nous proposent un habile et saisissant mélange du passé, du présent et du futur: ils prennent ce qu’il y a prendre dans chacun d’eux. Les vocoders (les voix robotiques) côtoient donc les bons gros effets electro de maintenant (Contact) ou d’avant (le futur vaguement rétro de Gorgio By Moroder) ainsi que les instruments, les vrais (comme sur le très dansant Lose Yourself To Dance). Les nombreux invités du disque témoignent de cette bâtardise assumée rondement menée: le rappeur Pharrell Williams (issu de N.E.R.D) ou le chanteur Julian Casablancas (issu de The Strokes) côtoient des légendes comme Gorgio Moroder (créateur du disco et, dans une certaine mesure, de l’electro) ou bien Paul Williams (grand songwriter (et chanteur) américain).

Cet album nous présente donc une facette encore inconnue de Daft Punk: son côté nostalgique, un sentiment bien humain. Vous savez, retrouver et vivre à nouveau un passé pourtant révolu, mais qui nous manque. Cependant nous sommes en 2013 (eh oui, dure réalité!). Par conséquent, cette introspection musicale au coeur des souvenirs et des influences des français s’effectue comme une descente en rappel: on descend loin, mais avec une corde qui est ancrée là où l’on est censé être. Cette mélancolie, on ne la ressent pas uniquement dans les divers hommages effectués. Certains morceaux, comme le planant The Game of Love et l’intriguant Within, sont particulièrement empreints de cet aspect. Mais cette fois encore, des personnes nous dirons: « oué mé cé mou ». Bah si tu veux. Mais si tu condamnes une musique juste par un manque de rythme, tu insultes également bon nombre de classique, car ceci n’empêche pas l’émotion et la beauté: je dirais même qu’elle la favorise. Un morceau est très représentatif de Random Access Memories: Touch. Elle est de l’aveu même du duo la « pierre angulaire » de l’album. Alors oui, elle n’a pourtant rien à voir musicalement parlant avec le reste. Cependant, tout s’y côtoie: toutes les époques, toutes les sonorités, toutes les émotions… Quel morceau mes amis, mais quel morceau! Certainement le meilleur de l’album. Et pour cause, il délivre parfaitement le message de cet opus: c’était tellement bien le passé… Il faut s’en inspirer, l’étudier et l’écouter pour construire un nouvel âge d’or de la musique avec ce qu’on peut faire maintenant. Un retour à l’exigence et à l’ambition.

Bien évidemment, il y a quelques petits défauts. Je vais vous les présenter, mais ceux-là sont tellement dérisoires que je le fais uniquement dans le but d’être le plus complet possible. Le principal est, selon moi, la durée de certains morceaux. L’album représente tout de même plus d’une heure, et quelques longueurs se font donc sentir à un moment ou à un autre. Par conséquent, raccourcir quelques pistes de ne serait-ce que quelques secondes permettrai de gagner en efficacité. Je pense par exemple à un passage précis de Gorgio By Moroder un peu longuet (de 1.50 à 2.50), ou encore à Lose Yourself To Dance. Enfin, je regrette la présence de quelques morceaux qui, sans être mauvais, semblent présents uniquement pour remplir, comme c’est le cas pour le sympathique mais plutôt insignifiant MotherBoard, ou bien encore Horizon (un piste disponible uniquement dans l’édition japonaise de Random Access Memories).

J’ai encore tellement de choses à écrire, à dire, à décrire, … Mais cela desservirait plus ce nouvel album qu’autre chose. Au final, les Daft Punk ne nous livrent en aucun cas leur album le plus novateur (Homework). Ce n’est pas non plus leur plus dansant (Discovery), en faisant abstraction du tubesque Get Lucky. Et encore moins le plus énergique (Human After All). Random Access Memories est un signal: la musique doit redevenir ce qu’elle était avant, à savoir une discipline qui innovait, qui se jouait au niveau artistique et non pas économique. Les gens me diront peut-être que cet album n’y arrive pas. Peut-être, mais ils l’ont déjà fait avant: le groupe n’a jamais fait deux fois la même chose, ils refusent la répétition. Et puis penser ça, c’est passé à côté de leur message. De plus, ils ont encore une longue carrière devant eux. Je veux croire à ce renouveau. Chers Daft Punk, « You’ve almost convinced me » this is « real… ».

LE HIT: Get Lucky

LE COUP DE COEUR: Touch

NOTE: 5/5


Auteur: CoyoteAnanas

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